NAO Salaires 2020, le compte n’y est pas !

Il reste du chemin à parcourir

La grève lancée à l’initiative de la CGT sur plusieurs sites COVEA a été diversement suivie. Cette journée de mobilisation avait pour objet de faire pression sur la direction, la veille de la 3ème réunion sur les NAO Salaires qui s’est tenue le 4 février 2020.

A l’issue de cette réunion, les propositions de la direction arrivent péniblement à 0.7% d’augmentation générale. A cela s’ajoutent 0,8% d’augmentation individuelle pour les salaires annuels inférieurs à 55 000€ et 1,5% pour les salaires au-delà.

De telles propositions pourraient passer pour une provocation. Nous rappelons que notre PDG Thierry Derez a annoncé aux médias, sourire aux lèvres, que nous avons atteint un ratio de solvabilité de plus de 400 % sur fond d’augmentation du Chiffre d’Affaires de 2,8 %.

De nature « bienveillante », nous y verrons seulement une vieille méthode consistant à entamer les discussions au plus bas pour disposer de marges plus larges et confortables. Autrement dit, la technique des marchands de tapis !

La direction fait ses calculs

Avec la somme des augmentations générales et individuelles, l’enveloppe n’est que d’environ 5 M€.

Pour mesurer la générosité de notre direction, ces 5 M€ représentent :

  • moins que les 7,7 M€ (après taxes et frais) attribués aux 11 plus gros salaires de notre groupe,
  • un ridicule 0,55% de notre résultat net pour l’exercice 2018 (899 M€),
  • 0.08% du prêt consenti à COVEA COOPERATION (6 Md€) en 2018, prêt qui n’aura eu pour seul intérêt que de dégrader notre image via un imbroglio financier et judiciaire douteux avec la SCOR,
  • un infinitésimal 0,03% de nos fonds propres qui sont directement issus de nos résultats techniques et donc du travail des salariés (environ 17 Md€).

La CGT demande des augmentations pérennes

Rappelons nos revendications minimales :

  • Augmentation annuelle de 3 000 € pour les classes 1 à 5,
  • Augmentation de 3% pour les classes 6 et 7,
  • Mise en place dès le premier semestre du forfait mobilité (400€ par an),
  • Rapport maximal de 1 à 20 entre le plus bas et le plus haut salaire.

Nos propositions sont réalistes et chiffrées, nous développons nos revendications au travers de données concrètes.

Des revendications CGT réalistes et finançables !

Le financement est déjà largement réalisé sur le seul volet des départs en retraite. A ce titre, COVEA attend des gains sur la masse salariale à hauteur de 133 M€ d’ici à 2023 (-16%). A cela s’ajoutent des résultats qui rendent nos revendications aussi justifiées que totalement indolores. Citons Thierry Derez : « 2018 a été une très bonne année pour Covéa » avec 899 M€ de résultat net.

Pour mieux saisir l’échelle de nos demandes, ces revendications ne représentent que :

  • Les sommes annuelles consacrées au seul et unique projet ECLA, projet presque totalement externalisé et n’ayant, après 2 ans, quasiment rien produit,
  • 0,51 % de notre Chiffre d’Affaires (9,4 Md€),
  • 5,3 % de notre résultat net,
  • 0,28 % de nos fonds propres (17Md€).

Pourquoi un forfait mobilité ?

Nous rappelons que, si ce forfait n’est aujourd’hui pas obligatoire, il sera très prochainement l’objet de négociations obligatoires pour les entreprises de 50 salariés et plus. En délivrant de suite cette prime de mobilité, COVEA se donne l’opportunité de dépasser enfin les simples effets d’annonces qui lui sont coutumiers via une incitation concrète à une mobilité verte. Le forfait mobilité est simple à mettre en œuvre et son coût est ridicule eu égard aux avantages en termes d’image mais aussi financier et environnemental.

Pour COVEA, en considérant les projections gouvernementales soit un ambitieux 30 % de salariés éligibles, nous arriverions – sur la base de 400 € de prime annuelle – à un coût total de 2,3 M€ qui sera en grande partie compensé par une baisse de l’Impôt sur les Sociétés. A plus long terme, ce forfait mobilité concourt à améliorer la qualité de vie de toutes et de tous, dans un esprit de sauvegarde de l’environnement. C’est du gagnant-gagnant !

On ne lâchera rien !

Nous nous devons de marteler que les richesses produites par notre entreprise sont strictement et uniquement dues au fruit du travail des salariés au service de nos sociétaires.

Les propositions aujourd’hui portées par la Direction sont évidemment inacceptables. Elles envoient le signal clair d’une confiscation du résultat de notre travail et de la confiance de nos sociétaires pour arroser généreusement les marchés et le capital via COVEA Coopération.

Nous invitons nos dirigeants à ne pas camper sur des positions ne servant que des idéologies capitalistiques et à renouer avec ce qui a fait l’ADN de nos entreprises, soit la reconnaissance du travail produit par l’ensemble des salariés. Nous leur demandons de revenir à l’Esprit Mutualiste en accédant à nos revendications qui seront, nous l’espérons, partagées par les autres syndicats avec autant de ferveur qu’elles sont attendues par nos collègues.

Enfin, si vous deviez avoir des doutes sur la justification de notre argumentaire, citons de nouveau Thierry Derez : « COVEA dispose aujourd’hui d’un modèle mutualiste solide et d’équipes engagées pour accélérer son développement ». Dont acte !

Une nouvelle réunion de négociations a été ajoutée le 18 février prochain. Cette date n’était pas prévue. la mobilisation médiatisée des salariés de COVEA le 3 février, y est sans nul doute pour quelque chose ! Restons prêts à nous mobiliser de nouveau !

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