GPEC : vos mots (… et vos maux)

La GPEC, ce n’est ni la Grande Perte d’Exploitation liée au COVID, ni la Garde Prétorienne des Employés COVEA. Il s’agit de la Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences.Ce sujet important, en particulier dans une période où les réorganisations en tous genres se multiplient, a fait l’objet de la signature d’un accord à l’échelle COVEA en juin 2017. Il avait notamment comme objectifs « d’offrir des possibilités de carrières nouvelles » et de « dynamiser le développement des compétences des collaborateurs ». Ledit accord étant en cours de renégociation, la CGT COVEA a lancé un sondage en ligne pour connaître votre perception en la matière. Nous vous en livrons ci-après les résultats ainsi que nos analyses.

la GPEC : un sujet qui ne semble pas susciter beaucoup de curiosité

Par rapport aux sondages précédemment initiés par notre organisation syndicale, la participation a été nettement moins importante, avec seulement 165 réponses. Nous en concluons que la GPEC est une notion floue et que le thème du sondage n’était pas de nature à soulever l’enthousiasme. Une majorité de répondants (52 %) n’avait d’ailleurs pas connaissance de l’accord GPEC en vigueur dans nos entreprises.

L’entretien annuel : étape-clé …
… mais peu valorisante

L’entretien annuel d’évaluation doit notamment permettre d’évaluer les compétences, de fixer les objectifs de l’année en cours et d’évoquer l’environnement de travail. Un tiers des collègues sondés considère ne pas avoir eu suffisamment de temps pour préparer cet entretien. Parmi les mots proposés pour le qualifier, l’adjectif « superflu » est cité par 38 % des répondants. Viennent ensuite les qualificatifs « utile » (30 %), démotivant (17 %) puis expéditif (15 %). Seuls 12 % des sondés jugent l’entretien annuel valorisant.

Au niveau de l’évaluation, vous êtes moins de 50 % à considérer avoir été évalué à la hauteur de vos compétences. Près de 30 % des sondés considèrent avoir été sous-évalués, et un quart n’a pas d’opinion sur le sujet.

L’entretien professionnel: un dispositif qui gagne à être connu

Réalisé tous les 6 ans, il doit être l’opportunité d’inviter le salarié à réfléchir sur son parcours professionnel. Plus de 38 % des collègues ayant participé au sondage ne connaissaient pas l’existence de cet entretien, et près des deux tiers estiment que sa fréquence est insuffisante. Nous vous avions laissé la possibilité de formuler des remarques concernant ce dispositif. Les commentaires démontrent qu’il existe une confusion entre l’entretien annuel et l’entretien professionnel. Le manque de lien avec les services RH est également cité, de même que la sensation d’inutilité d’un entretien qui est parfois expéditif et non suivi d’effets.

La bourse à l’emploi : un outil jugé utile mais assez peu consulté

Vous êtes seulement 18 % à la consulter toutes les semaines, quand un peu plus de la moitié des sondés la consultent moins d’une fois par mois voire jamais. Nous noterons également que 6 % ne savent pas comment y accéder, ce qui pose des questions de communication. 56 % d’entre vous jugent cet outil plutôt utile, et près de 28 % sont sans opinion sur le sujet.

La mobilité interne : un sujet majeur

Plus de 70 % des sondés ayant changé de fonction au cours des 3 dernières années l’ont fait sans valorisation pécuniaire. Sur cette même période, environ 10 % des répondants ont connu une mobilité géographique. La majorité n’a pas connaissance des aides financières prévues par l’accord GPEC dans le cadre d’une mobilité géographique, alors que 43 % craignent une mobilité dans les prochaines années. Concernant les motivations de ces craintes, plusieurs arguments reviennent : la fermeture des agences et des sites isolés, en lien avec la rationalisation du parc l’immobilier. La mutualisation des activités est également citée comme facteur de risque de mobilité de même que les réorganisations.

Enfin, plus de 50 % de répondants sont plutôt en désaccord avec l’affirmation selon laquelle COVEA favoriserait les mobilités internes, contre 27 % qui trouvent cette phrase plutôt juste.

La formation : des besoins …
… et beaucoup de frustration

Pour ce qui concerne la formation lors de l’accès à un nouveau métier, seuls un quart d’entre vous estiment avoir bénéficié d’un parcours adapté.

L’offre de formation disponible sur Lifebox est incomplète pour 40 % des sondés. Encore plus préoccupant : plus de 30 % des répondants ne savent pas accéder au catalogue.

Au registre des indicateurs alarmants, 58 % des sondés estiment n’avoir reçu aucune formation l’an dernier, et seuls 14 % ont totalement bénéficié des sessions qui étaient prévues dans leur plan de formation. Concernant ce fameux plan, 18 % des sondés seulement jugent qu’il correspondait totalement à leurs souhaits.

Confirmation d’une tendance observée depuis quelques années, 52 % des répondants ont été majoritairement formés avec des modules de type « e.learning », qui sont jugées plutôt inefficaces par 46 % des sondés.

Les idées que vous avez avancées pour améliorer le dispositif de formation sont riches et nombreuses.

Beaucoup d’entre vous souhaitent un retour massif des formations en présentiel, les modules à distance vous paraissant superficiels. Le besoin d’étoffer l’offre de formation est également cité, en permettant l’accès à des formations hors catalogue, et en partant des besoins réels des salariés. Les refus sans motivation sont pointés du doigt, ce qui démontre – une fois de plus – des problèmes de communication et des liens qui se distendent avec le management et les services RH. Enfin, plusieurs d’entre vous souhaiteraient davantage d’information concernant le Compte Personnel de Formation (CPF).

NOS AXES REVENDICATIFS

Sur base de vos apports, la CGT revendique prioritairement :

  • Une meilleure communication en direction des salariés concernant la GPEC
  • Un véritable accompagnement des RRH
  • Une revalorisation des aides à la mobilité
  • Une augmentation de salaire systématique en cas de mobilité
  • Une révision du référentiel de compétences, avec des critères moins subjectifs
  • Des entretiens annuels qui soient suivis par la direction RH lorsque le salarié y exprime des doléances voire de la souffrance
  • Des entretiens professionnels plus réguliers
  • Une augmentation des moyens alloués à la formation, en favorisant les formations en présentiel
  • Des plans de formation qui prennent en compte les besoins des salariés.
Nous vous tiendrons régulièrement informés des réunions de négociation sur ce sujet primordial qu’est la GPEC. Dans l’intervalle, n’hésitez pas à nous contacter pour nous faire part de vos idées et permettre ainsi l’enrichissement de nos revendications !
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